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Test VAE Trek Charter+ 4 Nexus Low Step 800 Wh : plus lourd que le nom est long !

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Voici le Trek Charter+. Cadre épais, moteur Bosch, moyeu à vitesses intégrées, il paraît aussi sportif que moi en jogging devant une série TV. Mais il ne faut pas se fier aux apparences.

Trek dispose d’un catalogue conséquent, rien d’incroyable cela dit, pour un constructeur qui célèbre son demi-siècle cette année. Du côté VAE de ville se trouvent les Charter +. Nous avons testé le Charter+ 4 Nexus 5 800 Wh Low Step sur plusieurs mois. À 4 099 €, c’est un régal à rouler, avec des défauts tout de même importants pour un tel tarif.

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© Jérémy FDIDA

Intro

J’ai eu le Charter+ pendant plusieurs mois et j’ai parcouru un peu plus de 600 km avec (pause estivale oblige). Il s’agissait d’un vélo de prêt qui affichait déjà quelques bornes à son compteur. Autant dire que j’ai eu le temps de me faire un avis. Peu enthousiaste à l’idée de rouler un énième vélo massif typé SUV, j’y suis allé sans attente aucune. Bien m’en a pris, puisque j’ai finalement été agréablement surpris.

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© Jérémy FDIDA

Notre modèle d’essai à 4 099 € n’est pas le plus cher du catalogue, puisqu’il se contente du moteur Bosch Performance Line délivrant 75 Nm. Si vous avez les sous et désirez aller plus haut, plus loin afin de dessiner des souvenirs plus puissants, vous pouvez opter pour la version PX qui délivre depuis la mise à jour 120 Nm de couple.

Design

Le Charter+ ne cherche pas à se faire discret. Le cadre est épais, le tube diagonal, disproportionné pour loger l’énorme batterie Bosch Powertube 800 Wh, forme un parallélépipède massif (ndlr : intégrer la batterie au cadre coûte en matière et en volume pour préserver la rigidité).

D’ailleurs, le cache de batterie est magnétique. C’est beau, c’est Bosch Trek. C’est satisfaisant comme on dit.

Pourtant, si vous vous posez quelques minutes face à cet engin, vous constaterez d’abord la tentative d’incrustation du carter du moteur à la ligne, des garde-boue finis aux bavettes qui enveloppent plus les pneus que votre couette une nuit d’hiver glaciale, la selle à tige suspendue, le guidon en forme de M, le porte-bagages d’une taille ridicule et surtout, si le soleil tape dessus, une livrée d’un violet profond et pailleté de toute beauté.

Sur le guidon, on retrouve sur la partie droite la poignée de changement de “vitesses” du Nexus 5. Pour info, cela permet de régler (et ce même le vélo à  l’arrêt), la résistance de pédalage, sans avoir à toucher à la tension de la courroie. En effet, le Shimano Nexus 5 est un moyeu à engrenages internes (des pignons mécaniques scellés dans le moyeu). La poignée sélectionne des ratios de transmission internes. C’est, à mes yeux, un système nettement plus agréable que l’Enviolo. Evidemment c’est subjectif, mais je n’ai encore croisé personne qui préférait l’Enviolo au Nexus.

Mais tout ce confort a un prix, littéralement en kilos, avec 32,8 kg sur mon pèse-bagages, soit 1,3 kg de plus qu’annoncé. Bref, c’est un parpaing. Un beau parpaing certes, mais une brique tout de même.

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© Jérémy FDIDA

Caractéristiques

  • Moteur : Bosch Performance Line, 250 W nominal, jusqu’à 600 W et 75 Nm de couple
  • Transmission : moyeu Shimano Nexus, 5 vitesses (changement à l’arrêt)
  • Batterie : 800 Wh, amovible, accès par le dessus du cadre, cache aimanté + clé + sangle
  • Freinage : disques hydrauliques Shimano MT200
  • Suspensions : fourche SR Suntour SF25-NVX32 (63 mm) + tige de selle suspendue
  • Pneus : Bontrager E6 en 27,5 x 2,4 pouces
  • Écran : Bosch Purion 200, déporté à gauche du guidon
  • Poids constructeur : 27,6 kg (hors batterie de plus de 4 kg)
  • Prix testé : 4 099 € (gamme de 3 299 à 5 099 € selon transmission et batterie)

Notez que la version Performance s’offre des freins Shimano BR-MT420. Notre modèle se contente des “très bof” MT200.

Au guidon

Le cadre ouvert est un appel à poser son séant sur la selle moelleuse. La position droite digne d’un vélo hollandais est salvatrice pour votre dos et le reach est idéal pour ne pas forcer sur les bras tout en allongeant les jambes. La géométrie est imparable, mais on parle de Trek, c’est donc normal.

Sur la droite, la poignée Nexus 5 permet de régler la résistance du pédalage sur un système à courroie. Les “vitesses” se passent à l’arrêt et c’est pratique. Sur la gauche, l’écran Purion 200 du système Bosch, avec son affichage couleur très défini, tombe sous le pouce. Petit regret de ne pas avoir un support smartphone qualitatif pour poser son téléphone face à soi. C’est une option chez Bosch, à 59 €, mais offrant la charge à induction.

Les premiers tours de roues annoncent la couleur et le Charter+ est réellement cette grosse berline allemande à moteur coupleux qui vous propulse dans un confort présidentiel. Je regrette le moteur qui se fait tout de même bruyant. Bruyant mais vaillant puisque j’ai pu grimper une montée mettant à mal les vélos sans effort. Le Performance Line a toutefois lutté et j’avançais à 16 km/h dès la moitié des 80 m à grimper. Mais je n’ai pas eu à plus forcer. Juste à descendre le Nexus 5 au minimum.

Côté freinage, les Shimano MT200 sont toujours aussi décevants, avec un manque de mordant et un toucher très moyen. La descente qui permet d’ailleurs de prendre 45 km/h en 10 s a permis de vérifier que ces MT200 sont un peu juste pour freiner la masse. Surtout avec un gars de presque 100 kg dessus. Lancé à 25 km/h, vous vous arrêterez en 4,3 m et c’est beaucoup.

Treck Charter + Low Step Nexus 5 iPhone7
La montée est plus raide qu’elle n’y paraît. Mais le Charter+ grimpe (certes à moins de 17 km/h) sans effort.

De sont côté, la fourche Suntour et ses 63 mm de débattement permet d’attaquer les trottoirs sans perdre espoir de ne pas crever. Bien aidé par les gommes généreuses.

Pour le reste, tout est OK. L’éclairage est puissant et le spectre est large. Idéal pour la saison hivernale qui s’approche. Les pneus signés Bontrager sont satisfaisants. Ils offrent un bon grip, suffisamment de gomme et d’air pour amortir les chocs et une bonne résistance aux aléas de la route.

Dans le cadre d’une balade ou de vélotaf, vous tenez un vélo conçu pour durer, confortable, endurant (mais vous le verrez dans la partie autonomie), suffisamment puissant et qui a de la gueule pour qui aime le genre. On peut rouler des heures sans fatigue et sur ce point, c’est une réussite. Bien qu’à titre perso, au point où on en est, j’aurais sorti les 500 € supplémentaires pour avoir le moteur Bosch CX Performance et les freins Shimano MT-420.

Application Bosch Flow et connectivité

L’application Flow sur votre smartphone communique avec votre vélo mais pas que. Vous disposez d’un GPS intégré qui est mauvais, dans le sens où il vous sort des trajets qui n’ont aucun sens. La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez connecter vos comptes Strava et Komoot.

Vous pouvez personnaliser vos modes d’assistance. Lancée sur votre smartphone pendant le pédalage, Flow offre différents affichages, jolis, précis, ludiques mais dispensables, car l’écran du vélo fait déjà largement le job.

Il faudra tout de même passer à la caisse pour optimiser la sécurité. Acheter le module Connect (qui coûte 100 € tout de même et qui servira de traceur GPS) et souscrire à un abonnement Flow +. Dans ce cas, le vélo sonne s’il est bougé et vous pouvez verrouiller la batterie en cas de vol. Le vélo devient alors inutilisable. Verrouiller les composants, c’est quelque chose que l’on a déjà vu chez Apple.

Autonomie

Sur le papier, Bosch annonce jusqu’à 160 km en mode Eco. Dans la vraie vie et sur mes trajets, avec un usage régulier en mode Boost (le plus gourmand), je n’ai jamais atteint les 80 km (j’ai plafonné à 79). Mais le mode Auto fonctionnant à merveille malgré les 75 Nm, c’est surtout les différents trajets avec ce mode activé qui comptent. Fier, j’ai pu dépasser les 100 km (par un jour idéal à 25°C et un trajet relativement plat).

Rien à signaler concernant la puissance qui tient jusqu’à 0%, même si j’ai remarqué une baisse vers 15%.

La recharge, en revanche, ne suit pas le rythme du tout et devient l’une des plus longues que j’ai testées. Le chargeur fourni ne délivre que 2 A : il faut compter 2 heures pour 25 %, et la charge complète a pris environ 12 heures. À ce prix, c’est indécent.

Conclusion

Le Trek Charter+ 4 assume pleinement son gabarit de vélo électrique costaud : cadre massif, équipement complet et un vrai confort, le tout avec une assistance aux petits oignons et une sensation de pédalage plaisante.

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© Jérémy FDIDA

Le revers de la médaille, c’est un poids qui dépasse allègrement les 30 kg, des freins perfectibles et une recharge qui prend toute une nuit. Pour un tarif à 4 099 € et bien qu’il soit compétitif face à la concurrence, ça peut être discriminant pour le passage à l’achat.

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